L’Atelier du pauvre ou un dîner raté chez Pierre-Sang

Le quartier de la rue Oberkampf ne m’a jamais vraiment inspirée. Dans cette arcane de l’Est parisien, hélas, point d’épiphanies culinaires, plutôt des rendez-vous manqués avec les formes convenues de la gastronomie traditionnelle (Ober salé) et tous les ersatz de la street food (marchands de kebabs, de frites et de crêpes rances).

 Ici c’est plus grave. Car on se presse pour manger chez Pierre Sang ! On fait la queue. On boit des coups malgré un serveur faussement prévenant (« on ne peut pas vous garantir qu’on vous trouvera de la place »). On attend gentiment sur le  trottoir. On est très patient, du moment qu’on aperçoit le bonhomme derrière le bar. La télé est passée par là.

 Ce restaurant incarne un cas d’école, celui de l’imposture. Le concept : un bar à tapas. Pas de carte. Pas de prix affichés. « On est là pour se faire plaisir » dit le serveur, décidément en verve. Ok. Let’s see. On ne va pas être déçu du voyage (« Cuisine d’ici et d’ailleurs ») : on n’ira jamais plus loin que…la rue Oberkampf.

 Un service  indigent : incompétence et arrogance conjuguées. « Vous aimez quoi ? Le blanc, le rosé ou le rouge? ». La bouteille n’est pas présentée, mais aussitôt débouchée. Verdict ? Ben bof ! Un modeste (je suis gentille)  un vulgaire (je suis juste) Saumur Champigny. Et encore il a fallu insister parce que sinon c’est accord mets /vins + 30€ par personne quand même. « – Comment ça bof le rouge ?Et ben tant pis je ne vais pas ouvrir non plus plusieurs bouteilles pour vous ». Quelle entrée en matière !

 À côté, mes voisins sont venus en voiture depuis l’Essonne pour voir s’affairer le (top) chef (pléonasme) au dressage. Ils se demandent comment après un tel accordage, ils vont réussir à conduire. La question se pose en effet… Et le chef s’affaire au mixer. Mais de cuisine, il ne saurait être question. Un peu de dressage, mais pas de cuisine.

 Tapas fades, chaudes mais servies tièdes. Manque de goût, manque d’épices. Pire manque de justesse (l’amuse bouche, un champignon de Paris et jus à la fourme d’Ambert étrangement acide)  et même fausses notes (radis tranchés sur un jarret de bœuf fade et aubergines au mixer). Les produits sont simples (harengs fumés, tomates coeur de boeuf, mozzarelle) mais vraiment pas exceptionnels. Derrière le bar le top chef rejoue son rôle télévisuel. Une petite parole de temps à autre pour des convives déjà charmés par les mensonges cathodiques.  Le climax, un dessert carrément scandaleux façon Picard Surgelés, mousse chocolat noir et blanc et sa gaufrette industrielle qui croustille, « le Royal chocolat » dira cette fois la serveuse, prononçant, sans le savoir, la parole la plus juste de la soirée.

 Une addition lourde à deux (105 €) sans café pour un repas sans saveur. Il est temps de partir. Nous prendrons notre arabica ailleurs.

 Décidément je n’aime pas la télé !

3 réflexions sur “L’Atelier du pauvre ou un dîner raté chez Pierre-Sang

  1. ben merci de rétablir la vérité ; Pierre Sang, c’est un peu comme Aizpitarte (en vraiment pire), j’ai beau faire plutôt confiance aux mecs du Fooding (Chatomat, impeccable, par exemple), mais là qu’eux s’ébaubissent de la cuisine de Pierre Sang alors que c’est quand même une fucking imposture, je ne comprends pas.
    La cuisine n’a aucun goût, la carte des vins est pas intéressante (j’ai envie de dire, quand on est capable de foutre du Cristal à la carte en 2013, c’est qu’on est un ignorant doublé d’un frimeur ringard), et les prix ? oh putain.

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